Ces
derniers temps, dans l'actualité, se sont multipliés
des reportages sur des drames familiaux. D’aucuns
y voient l’occasion de remettre au goût
du jour le phénomène de la misogynie.
Cette haine des femmes — dois-je préciser
que des femmes peuvent également en faire preuve
— a poussé certains hommes, semble-t-il,
à vouloir les éliminer. De fait, il y
a toute sorte de raisons pour adorer les femmes…
ou les détester. Mais rien ne doit justifier
de les tuer, pas plus que d'emmener ses propres enfants
ou autres innocents dans la mort.
Je
rappelle au lecteur que lorsqu'un homme décime
sa famille ou tire « à coups de mitraillette
» sur une foule, la plupart du temps ça
se termine par le suicide du forcené. Il faut
faire singulièrement preuve de mauvaise foi pour
ne pas comprendre que dans ces gestes, il y a un malaise
— un mal-être? — masculin. Et ensemble,
nous avons le devoir de nous questionner honnêtement
sur le fait que tant de violence soit (presque) le fait
des seuls hommes.
Pourquoi
les hommes tuent leurs femmes, leurs enfants, se tuent
eux-mêmes? Comment en sommes-nous venus à
dénigrer systématiquement les hommes dans
quantité de publicités et d'émissions
populaires? En tant que société, pouvons-nous
avoir la conscience tranquille quand les chiffres montrent
que pour chaque dollar destiné à aider
les hommes, il y en a 10 qui vont garnir le portefeuille
des ressources pour les femmes? Dans le financement
des organismes d'aide aux hommes et aux femmes, il y
a disproportion… tout comme dans la violence apparemment!
Il
se trouve malencontreusement des personnes pour refuser
de reconnaître qu’il peut y avoir une «
détresse incommensurable » chez certains
hommes, qui peut mener à de déplorables
drames. Et pourtant… comme si ce n’était
que « foutaise! » Ainsi se voit alimenté
ce préjugé pernicieux qui fait encore
plus de ravages que tous les cas réunis de gynécide,
infanticide, homicide et autres calamités de
notre société: l'homme est capable de
s'arranger tout seul. Avec tout ce que ça suppose…
De telles gens font preuve d'une misandrie avérée
(haine des hommes), et cette attitude cautionne que
d'aussi regrettables forfaits soient commis par des
hommes évidemment en détresse.
L'homme
ne tue pas simplement parce que sa femme l'a quitté,
parce qu'il est animé par la colère ou
qu'il a des problèmes financiers. Ce sont là
des exemples d'éléments déclencheurs.
L'homme qui tue dans pareils contextes est un homme
qui ne s'appartient plus. Il tue sa femme, ses enfants,
une catégorie de personnes, il se tue lui-même
parce qu'il est dans une logique de détresse,
logique qui est une aberration pour chacun de nous.
Plutôt que de lapider publiquement CES hommes
— car ce ne sont pas tous les hommes qui tuent,
heureusement, et il faut se l'avouer en toute bonne
foi —, nous devons collectivement nous donner
les moyens pour aider les hommes à liquider non
pas leurs proches, mais leurs souffrances. Et pour y
parvenir, l'argent est le nerf de la guerre, si je puis
utiliser cette expression populaire!
Je
vous remercie infiniment pour votre franchise, madame
Harvey. Vous m'avez fourni le prétexte afin d’intervenir
à mon tour. Comme vous, je dis tout haut ce que
d'autres pensent tout bas!
Je
terminerai ainsi: si la société est désormais
à l'aise avec le concept de la condition féminine,
on ne peut encore en dire autant de la condition masculine.
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