J'étais
heureux, confiant et positif ce soir-là où
j'ai eu la bonne idée de faire une nouvelle recherche
sur les ressources pour les hommes en détresse.
J'ai
bien trouvé plusieurs listes qui suggèrent
de l'aide pour les hommes. J'étais content car
de nouvelles ressources naissent à chaque année
mais ma joie ne dura pas longtemps parce que j'ai
remarqué un lien vers une texte de Micheline
Carrier, texte publié sur le site Sisyphe.com.
Allez lire
le texte.
Madame
Carrier nous écrit que les médias et les
sites masculinistes osent affirmer qu'il n'y a pas de
ressources pour les hommes en détresse. Pour
répondre à une exagération, elle
affirme ''il existe de nombreuses ressources pour les
hommes en détresse''.
J'hésite
fort sur le genre de perception que je dois me faire
de vous madame Carrier. Vous êtes soit mal informée
et votre analyse complètement fausse soit malhonnête
en déformant la réalité pour protéger
un féminisme dépassé. Permettez-moi
de pencher vers la première option mais je vous
mets en garde, une toute petite brise pourrait influencer
ma position.
Je
souligne que votre texte est, pour une partie, crédible.
Effectivement, il existe une quantité appréciable
(mais tout de même insuffisante) de ressources
pour les HOMMES VIOLENTS. Il est important de rappeler
que ces ressources ne sont pas nées d'une volonté
d'aider prioritairement les hommes mais plutôt
de contrer la violence faite aux femmes. Nuance importante
qui a forgé toute notre culture ''d'aide au féminin''.
Si
l'on aidait vraiment les hommes violents madame, on
aurait devant nous un réseau de Centres d'hommes
équivalent au réseau de Centres de femmes.
Les hommes posséderaient ainsi une merveilleuse
porte d'entrée -à leur image- servant
de référence vers l'aide DE LEUR CHOIX.
Actuellement, un grand nombre d'hommes violents "qui
reçoivent une aide nombreuse" comme vous
le dites si naïvement, y sont fortement poussés
et souvent lorsqu'il se fait un peu tard.
Parait-il
que pour les hommes, les coups de pieds au cul sont
plus efficaces que la tape dans l'dos. En cette matière,
en tant que digne représentant des hommes, je
ne pourrais pas me faire d'idée, mon derrière
étant surstimulé et mon dos bien peu caressé...
Là
où vos propos deviennent totalement inacceptables
madame Carrier, c'est lorsque vous écrivez que
les ressources sont nombreuses pour venir en aide aux
HOMMES EN DÉTRESSE (différents des hommes
violents). Je pourrais
insérer une image d'un déraillement de
train et cette image vaudrait alors milles de vos mots.
''Nombreuses''
que vous écrivez, vous osez écrire: ressources
nombreuses.
Je
ne ferai pas lire votre texte à ce père
qu'on a dû séparer de ses filles parce
qu'il n'y pas de maison d'hébergement père/enfant
en Mauricie ou à celui de Sherbrooke qui a pensé
au suicide pour les mêmes raisons et qui a dû
se dénoncer lui-même à la DPJ pour
offrir un endroit pour dormir à ses enfants.
Vous
auriez dû voir pleurer ces hommes madame et alors,
je crois que vous n'auriez jamais écrit votre
texte en y insérant une expression aussi méprisante
que: ressources nombreuses pour les hommes en détresse.
Je
ne ferai pas lire votre texte à ces hommes abusés
sexuellement dans leur enfance et qui se font dire par
certaines ressources -à chaque maudite semaine-
que "malheureusement, nous aidons uniquement les
femmes''. J'ai moi-même
été contacté par une dizaine d'intervenantes
qui viennent en aide aux femmes victimes d'abus pour
me signifier l'injustice qu'est l'absence de ressources
SUPPORTÉES FINANCIÈREMENT et spécifiques
pour les hommes abusés. Dites-vous que ces intervenantes
exagèrent? Oseriez-vous écrire cela madame
Carrier?
Je
ne ferai pas lire votre texte à ces pères
de la région de Lanaudière qui voudraient
voir leurs enfants en présence d'un intervenant
pour les aider à devenir de meilleurs pères
mais qui n'ont aucun endroit pour le faire. Que dois-je
dire à un père qui me dit qu'il se suicidera
parce qu'il n'a aucun endroit pour voir ses enfants?
Qu'il lise votre texte pour se faire dire qu'il n'a
pas de raison d'avoir envie de mourir?
Anttention
madame, en tenant de tels propos, vous qualifiez également
le rapport Rondeau de ramassis de propos mensongers
puisque ce dernier insite sur le fait qu'il urge de
mettre en place des services pour les hommes en détresse.
Moi je pensais que quand
une équipe d'intervenants crédibles supervisés
par un certain Gilles Rondeau nous dit qu'il urge de
créer des services, c'est parce qu'il serait
plutôt mal vu de qualifier les ressources actuelles
de ''nombreuses''.
Si
Rondeau est quelqu'un qui exagère, alors moi,
je suis un terroriste.
Je
pense madame que vous avez trop côtoyé
la détresse féminine et trop peu la détresse
masculine. L'une vous aveugle et l'autre vous fait probablement
peur. Trop observer les hommes comme étant des
agresseurs peut même amener à avoir peur
de leur détresse. J'ai un merveilleux traitement
contre cette menace madame Carrier, je rencontre plus
d'hommes qui pleurent et moins d'hommes qui frappent.
Faudra essayer madame, ça fait des miracles pour
garder l'équilibre.
J'ai
été mis en contact avec plusieurs centaines
d'hommes en détresse dans les sept dernières
années et je rage toujours de constater que certaines
personnes écrivent des textes sur la détresse
des hommes sans en comprendre la nature même,
sa source, sa face et... son nombre.
Et
si vous pensiez que les ressources sont ''nombreuses''
parce que vous croyez que le nombre d'hommes en détresse
est moins élevé que ce qu'il est réellement?
Et si vous ne saviez pas que le code de conduite en
matière de masculinité empêche même
les hommes d'avouer leur détresse et donc de
nous amener à sous estimer leur nombre? Et si
l'ignorance était à la source de vos mots
si faux?
Madame
Carrier, je vous invite à me contacter personnellement,
je me ferai un devoir de vous raconter ce que j'ai vécu
comme intervenant et comme président de cette
fondation. Je vous mettrai en contact avec des hommes
crédibles -des féministes même-
qui vous raconteront leurs expériences auprès
d'hommes négligés par l'absence tragique
de ressources pour les hommes en détresse. Je
vous mets au défi de ré-écrire
les mêmes mots après ces rencontres.
Mais
surtout et surtout, j'ai cherché dans votre texte
et je n'ai pas vu la phrase qui m'aurait rassuré:
''Peu
importe le nombre de ressources actuelles et les chiffres
lancés qui sont plus ou moins véridiques,
il importe de créer de nouvelles sources d'aide
pour les hommes en détresse. Il faut partir en
guerre contre la détresse, quel que soit son
genre"
Mais
vous ne l'avez pas écrite cette phrase madame
Carrier, cette phrase qui aurait fait de vous une humaniste
autant qu'une féministe et qui aurait tué
n'importe quel doute sur vos intentions. Vous pourrez
me taxer de prétentieux madame mais malgré
mon statut de masculiniste avoué, je suis fier
de ce que je suis car je travaillerai toujours pour
que demain, les femmes obtiennent plus d'aide qu'hier,
au même titre que les hommes dont j'ai pourtant
choisi de prioriser la cause.
Je
n'écrirai jamais madame que les femmes ont trop
de ressources, JAMAIS, même si les miens sont
négligés. Je
suis tellement heureux madame de n'avoir jamais écris
un texte comme le vôtre, sinon, des gens auraient
alors pensé que je ne faisais que protéger
les quelques maigres dollars associés à
mon genre.
Je
ne veux pas me convaincre que c'est votre cas, voilà
pourquoi je prendrai le temps qu'il faudra pour vous
informer de la réalité vécue par
les hommes en détresse. Svp
madame Carrier, rassurez-moi sur l'avenir et permettez-moi
d'être convaincu que vous ne serez pas un obstacle
au développement de ressources pour les hommes.
Svp
madame Carrier, répondez à ce texte et
dites-moi que vous êtes d'accord pour que des
Centres d'hommes voient le jour un peu partout au Québec.
votre
opinion sur le texte