Quotidiennement,
des hommes se battent pour leur vie. Chaque jour, des
milliers d’hommes sont confrontés au cancer,
dont celui de la prostate. Le saviez-vous? Probablement
pas, pas à la mesure de la réalité.
Saviez-vous
qu’environ 25 000 hommes sont touchés par
le cancer de la prostate à chaque année
au Canada comparativement à 22 000 femmes en
ce qui concerne le cancer du sein?
Vous
ne le saviez pas hein? Moi non plus. Pourquoi entendons-nous
tant parler du cancer qui frappe les femmes alors qu’il
n’est que l’équivalent du cancer
de la prostate en terme statistiques?
Partons
à la recherche de pistes de réponses.
Toute lecture au-delà de ce point est risqué,
vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas été
avertis.
Les
seins ont la cote. Ils sont capables d’être
sexys voire carrément vicieux. Ils sont même
redevenus alimentaires et maternels. Ils ont le sens
du marketing, ils ont certainement des faiseurs d’image
à leur service. On peut même les remonter,
les refaçonner pour qu’ils redeviennent
des winners même lorsque la vieillesse vient confirmer
la douloureuse force de la gravité.
Maudits
chanceux, toujours les mêmes qui ont toutttes.
La prostate à de quoi être jalouse, elle
pourrait même, -à la limite- haïr
les « maudits privilégiés de totons
» comme elle le dirait. On comprendrait.
En
comparaison, c’est-ti assez laid une prostate?
Remarquez que je présume puisque je n’ai
jamais eu la chance d’en voir une en vraie. J’ai
quelques fois présenté la mienne à
des médecins qui s’y sont approchés
sans grand enthousiasme et le faisant avec une rapidité
provoquant chez moi un léger malaise. Je m’arrête
ici en matière de détails, gardons un
minimum d’intimité et de dignité.
Allez
sur « Google Images » et tapez « prostate
». Dégueux. Ça ne donne pas le goût
de la supporter, surtout en ces temps superficiels basés
sur l’esthétisme. Elle serait cute qu’on
pourrait au moins la prendre en pitié malgré
le fait qu’elle se cache en pleine noirceur. Car
en plus, pour la trouver, le détour est intimidant.
J’aimerais mieux avoir à chercher un vieil
ami dans le Bronx à deux heures du matin plutôt
que de tenter de trouver sa prostate un beau jour d’été.
Ça parle ça. Même le mot «
prostate » est répulsif, c’est carrément
décourageant. Imaginez donc une prostate cancéreuse,
molle et pleine de tumeurs. Ça donne des frissons.
Pour
résumer, la table est mise pour que la prostate
soit négligée… et elle l’est
mais pas pour les raisons citées précédemment.
C’est
juste parce que les hommes n’en parlent pas. On
aura beau chercher toutes les raisons du monde pour
victimiser notre prostate -notre condition aussi- c’est
par notre seule faute qu’elles sombrent dans l’oubli.
Faudra quelques fois s'arrêter de se parler de
char, de sport et de cul et simplement se demander plus
souvent «eille mon chum, quand as-tu passé
ton dernier test de dépistage du cancer de la
prostate?».
Je
me plains mais je dois admettre que ça change.
Grâce
à des hommes, des hommes merveilleux comme Jean
Pagé. Oui, oui, celui qui anime 110% à
TQS.
Depuis
maintenant 3 ans, il agit à titre de porte parole
de la Marche du Courage Procure qui se déroulera
cette année à l’Île Ste-Hélène
le 21 juin prochain (le jour de la fête des pères)
et qui vise à amasser des fonds pour la recherche
sur le cancer de la prostate. Allez-y donc avec votre
père, votre frère, votre fils au lieu
de leur donner un cadeau insignifiant qui finira au
fond d’un placard.
Je
ne connais pas Jean Pagé, quoique j’ai
eu le plaisir de marcher quelques kilomètres
en sa compagnie lors de la première édition
de la Marche du Courage Procure. Sympathique, accessible
et empathique le bonhomme. On ne se connaissait pas
et pourtant, on s’est parlé des vraies
affaires pendant qu’on marchait; les hommes, ce
qu’ils vivent, certaines de leurs souffrances
et quelques éléments de solutions.
Je
l’aime Jean. Parce que Jean prend soin des siens.
Jean donne de son temps pour sauver la vie des gars,
même la vie de ceux qui ne parlent jamais de leur
prostate, même la vie de ceux qui la négligent.
Pour Jean, un homme mérite d’être
soutenu et aidé, au même titre que les
femmes.
Jean
aurait pu choisir une cause lui donnant bien plus de
capital de sympathie, mais il n'a pas choisi la facilité.
Voilà le vrai don de soi, aider «les moins
bien vendables».
Merci
Jean Pagé, j’t’aime mon homme. Merci
au nom des hommes qui survivront au cancer et au nom
de ceux qui l’éviteront.
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