Georges
et les fifs / 1er juin
2008
Georges
Laraque, joueur des Penguins de Pitsburgh, a dit que
le fait d'éliminer les bagarres au hockey junior
fera de cette ligue ''une ligue de danseurs de ballet''.
Ce que
Laraque a vraiment pensé et n'a pas osé
dire, c'est que ça deviendra une ligue de
fifs. Encore une démonstration que les hockeyeurs
peuvent dire n'importe quoi sans être ramenés
à l'ordre par leurs dirigeants.
Georges,
Ce
que tu affirmes est très méprisant et
destructeur pour les p'tits gars qui rêvent
de devenir des joueurs de hockey et qui ne voudront
-et ne pourront- jamais se battre. La quasi-totalité
des garçons que je connais et qui jouent au hockey
rêvent de compter un but à la Crosby, pas
de ''crisser une volée à la Laraque''.
Parlant de ''crisser une volée''...
tu viens d'en donner une bonne à nos
jeunes joueurs des ligues mineures.
Tu
imposes ta loi, tu dis à ces grands rêveurs
de feintes et de buts spectaculaires que s'ils n'envisagent
pas de se battre, ce sont ''des danseurs de ballet''...
autrement dit: des fifs. Savais-tu Georges
que l'insulte suprême dans la cour d'école
c'est encore -en 2008- de se faire traiter de fif?
Utilise-tu cette insulte sur la glace lorsqu'un joueur
refuse de se battre? Le traite-tu de fag? Savais-tu
que c'est grâce à des hommes comme toi
si des garçons se font traiter de fif
à chaque jour de leur vie? Jusqu'au suicide?
Tu viens de dire à des p'tits gars qui
ne seront jamais capables de s'imposer avec leurs poings
qu'ils ne sont pas des hommes.
C'est
ça que tu as dit Georges, en étais-tu
conscient? J'espère que non. J'espère
-pour ta réputation et ta conscience- que tu
pourras un jour faire partie des mal-cités. Tu
ne donnes habituellement pas dans la dentelle mais cette
fois-ci, tu donnes carrément dans l'arme de destruction
massive et tes victimes ont entre 7 et 14 ans.
Je
vais te faire une confidence Georges, dans la cour d'école,
c'était moi le fif. J'ai rêvé
de faire une carrière au hockey... mais j'étais
trop fif, du moins, c'est ce que les hommes
de ton genre me lançaient comme message. Chacun
de leurs commentaires sur l'importance de devoir se
battre pour jouer au hockey détruisait mon rêve.
Alors je n'ai jamais joué au hockey... trop fif
pour considérer qu'il faudrait que je me batte
pour pratiquer mon sport préféré.
J'aurais peut-être été un grand
joueur de hockey, mais ça, je ne le saurai jamais
car je suis trop fif, trop danseur de ballet.
Des
Georges Laraque ont détruit mon rêve...
inutilement. C'est là que ma colère commence.
Je rage de voir que le hockey me prouve -particulièrement
cette année avec les Canadiens de Montréal-
que la bagarre n'est pas nécessaire du tout.
Les Canadiens nous ont offert des parties incroyables
et se sont rendus en séries sans bagarreur et
sans violence. Merci, sincèrement merci aux dirigeants
du club de Montréal qui n'ont pas cédé
devant la demande de certains amateurs ''de se doter
d'un gros bonhomme capable d'imposer sa loi''. Le hockey
n'en a pas besoin.
J'aurais
pu jouer au hockey sans devoir être violent et
me battre Georges, ceux comme toi qui disent le contraire
mentent.
Georges,
j'aurais tellement souhaité t'entendre affirmer
que tu te bats parce que tu n'as pas le choix, parce
que la Ligue Nationale ne fait pas son job
pour appliquer les rêglements et que tu dois donc
protéger tes meilleurs éléments
avec tes poings. J'aurais tellement souhaité
que tu défendes la beauté de ton sport
au lieu d'imposer sa laideur. J'aurais tellement souhaité
que tu protèges les garçons avant de protéger
ton job. J'aurais tellement souhaité
que tu protèges nos ti-culs de cette
violence et que tu souhaites qu'ils puissent évoluer
dans ce sport sans être obligés de souffrir
comme tu le fais.
En
plus de détruire le rêve des ti-culs,
tu détruis le rêve d'hommes comme moi qui
souhaitent voir leurs fils jouer au hockey sans la menace
de devoir se battre. Tu es fort pour frapper, même
tes mots m'ont assommé.
Mon
père, qui a près de 70 ans, a compris
que malgré le fait que son sport a déjà
valorisé les bagarres, il est temps de passer
à une autre façon de voir les choses.
Tu es vieux Georges, plus vieux que mon
vieux à moi. Mon vieux a compris
qu'il n'est pas nécessaire que les p'tits
gars d'aujourd'hui soient obligés de se
battre parce que ceux qui les ont précédé
se sont battus.
''Ne
fais-pas les mêmes erreurs que j'ai faites'' que
mon père me dit en appuyant l'idée d'éliminer
les bagarres. Toi Georges, tu dis aux flos
qui te suivent qu'ils doivent subir la violence parce
que toi tu la subis à chaque match. L'avenir
des jeunes n'a pas d'importance pour toi, c'est le passé,
juste ton passé qui importe.
Tu
protèges la Ligue Nationale aux détriments
d'enfants de 9 ou 10 ans et de leurs pères qui
-grâce à toi- sont maintenant convaincus
que de ''juste jouer au hockey'', c'est fif.
En
terminant, ce qui me fait le plus de peine, c'est que
tu refuses de voir les vraies blessures que tes poings
infligent. Je ne peux pas croire que tu n'ais jamais
vu les jeunes de 7, 8 ou 9 ans qui te lancent, te crient
des insultes et te font des doigts d'honneur.
Le
sais-tu Georges que ce que tes poings font de mieux,
c'est rendre nos garçons violents?
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