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Chronique TÊTE À QUEUE
par Michel Thibeault, président
Michel Thibeault, président
25 000 injustices
21 juin 2009

Certaines injustices sont hypocrites, subtiles, difficiles à cerner et pourtant, elles sont vivement combattues. De toute façon, toute injustice doit être combattue, peu importe son statut.

D’autres injustices sont flagrantes, indécentes, imposantes et pourtant absolument déniées. Parlons donc de l’unes d’entre elles.

Comme le choix du moment où on devient parent.

À chaque année, au Québec, il se pratique à peu près 25 000 interruptions volontaires de grossesse (l’avortement). 25 000 fois, des femmes ont fait le choix de ne pas devenir mère. Il n’est pas question ici de déterminer si l’avortement est moralement acceptable mais de soulever le fait que les femmes sont libres d’y avoir recours lorsqu’elles ne se sentent pas en mesure de devenir mère.

Au Québec, une femme peut éviter la souffrance -physique ou psychologique- que lui incomberait le fait d’avoir un enfant, c’est un droit reconnu qui ne pourrait être remis en question.

Maintenant, l’homme québécois, possède-t-il le même droit? Pas du tout. Un homme ne peut pas choisir le moment où il deviendra père. Jamais.

Le score n’est même pas serré : Femmes 25 000 - Hommes 0.

Pensez-y, juste l’an passé, pendant que des milliers de femmes sont ressorties libérées de la menace de la maternité après avoir eu recours à un avortement, des milliers d’hommes sont devenus père contre leur gré en ressortant d’une salle d’accouchement.

Imaginez, se voir imposer la plus lourde responsabilité qui existe. Certains en ont carrément envie de mourir. Certains transforment même leur envie en réalité; avec un gun, une corde ou le tuyau d’échappement de leur char. Que seraient devenues ces femmes qui ont avorté si ont leur avait refusé le droit à l’avortement? Si les féministes québécoises se sont autant battues pour que les femmes puissent avorter, c’est certainement pour les libérer de souffrances profondes.

Les hommes, eux, méritent de subir leur paternité. C’est qu’ils méritent de souffrir les écoeurants d’hommes. « Prenez vos responsabilités » qu’on dit aux maudits hommes, « libérez-vous d’une maternité non désirée » qu’on dit aux femmes. On dit aux hommes d’aller se faire vasectomiser, on dit aux femmes qu’elles ont le droit à l’erreur.

Des hommes sont violents envers des femmes mais la société est carrément sadique envers des hommes en jugeant l’engagement de certains pères, en les taxant d’irresponsables. Nous disons qu’ils fuient alors qu’ils ne font que démontrer une incapacité que des femmes ont parfaitement pu éviter. Est-ce qu’une femme qui se fait avorter est une irresponsable qui fuit ses responsabilités? Votre réponse -en tant que société- est « non » puisque vous avez accepté que l’avortement soit pratiqué 25 000 fois par an ces dernières années. Je ne reprocherai jamais à un homme qui a subi sa paternité de fuir, c’est le seul droit « moral » qu’il est encore capable d’exercer pour éviter une souffrance invivable.

Les femmes qui sont victimes de discrimination au travail, les femmes qui sont victimes de la publicité sexiste ou les femmes qui gagnent un salaire moins élevé que leur semblables masculins n’ont aucune idée de ce qu’est une véritable injustice si on les compare au fait que des hommes, chaque jour, doivent subir une paternité alors que leurs voisines d’à côté reviennent tout juste de se faire avorter.

Au Québec, en 2009, le mot « victime » pourrait même changer de genre et devenir masculin. L’égalité n’est effectivement pas acquise; les hommes ont un bout de chemin à faire avant de devenir les égaux des femmes.

Maintenant, les vraies questions : pourquoi les hommes continuent-ils à subir cette injustice sans réagir? Que faudra-t-il pour qu’ils exigent que ça change?

J’arrête ici, j’ai peur des réponses que je pourrais écrire.

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Des hommes mal en point

''...les hommes se nourissent moins bien que les femmes et un moins grand nombre d'entre eux considèrent avoir de saines habitudes alimentaires...''

''...les hommes se soignent beaucoup moins que les femmes et posent moins fréquemment et moins volontairement que celles-ci les gestes nécessaires au maintien ou à la restauration de leur santé. En fait, trop souvent, lorsqu’ils se décident à consulter, il est très tard, et parfois même trop tard...''

''...lorsqu’ils demandent de l’aide, les hommes plus traditionnels le font d’une façon non conventionnelle, parfois agressivement parce que mal dans leur peau. Ils risquent d’être reçus de manière répressive, ou de se voir refuser l’accès aux services...''

extraits du Rapport Rondeau - Janvier 2004

 


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