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Tête à queue

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 


 

 

 

 

Michel Thibeault, président

Chronique TÊTE À QUEUE
par Michel Thibeault, président

Le vrai débat: la souffrance / 21 mai 2008

J'ai pris connaissance du volume ''Le mouvement masculiniste au Québec, l’antiféministe démasqué'' sous la plume de Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri et, quelques réflexions me sont venues.

Est-ce que des masculinistes québécois sont antiféministes? Bien sûr. Et puis après? J'espère que la société dans laquelle je vis permet à des hommes de s'affirmer antiféministes. J'espère aussi que les femmes questionneront profondément le mouvement masculiniste (dont je fais partie) pour s'assurer qu'il ne bouscule et n'extermine rien d'autre que la détresse et la souffrance des hommes.

Toutefois, est-il pertinent de débattre des actions des méchants masculinistes et de leur discours? J'en doute. J'en doute car outre quelques individus isolés, bien peu de masculinistes d'affichent ouvertement contre les féministes. Bien peu possèdent les outils et la crédibilité pour être lus, écoutés et regardés. ''Démasquer'' le masculinisme est un terme beaucoup trop fort, rien n'est caché dans ce mouvement bien trop jeune et inexpérimenté pour masquer quoi que ce soit.

Le masculinisme est en fait un groupuscule à peine organisé, jeune et chaotique mais pourtant capable de provoquer des remouds. Paradoxal n'est-ce pas? La détresse des hommes doit être grande en torieux pour brasser autant la conscience avec si peu de moyens. Quand quelques hommes n'ont plus honte et crient leur détresse, c'est nous tous et toutes qui ressentons un profond malaise. Très intéressant.

Ce qui me touche plus précisément dans le discours de l'auteur Francis Dupuis-Déry, ce sont ses efforts pour amoindrir la détresse des hommes. J'ai pu entendre ce dernier à l'émission Gauthier à TQS et d'entrée de jeu, il a affirmé que les hommes ne pouvaient pas être en mauvaise posture puisqu'ils occupent la plupart des postes de pouvoir et dirigent l'économie et la finance.

Comme si tous les hommes étaient puissants et riches. Comme si la détresse et la souffrance des hommes étaient moins importantes parce qu'une majorité de leurs semblables possèdent du pouvoir. Comme si le jour où les femmes prendront le pouvoir politique et économique, elles n'auront plus le droit de décrier quoi que ce soit qui touche leurs mères, leurs soeurs, leurs filles.

Pourquoi un homme cultivé et intelligent comme Francis Dupuis-Déry peut-il être porteur d'arguments aussi peu crédibles? Je crois simplement que notre société n'est pas prète à entendre que les hommes sont fragiles, notre oreille n'est pas encore habituée aux pleurs des hommes. Les hommes eux-mêmes sentent leur masculinité menacée lorsqu'ils entendent d'autres hommes ''se plaindre'', ce sont toutes leurs références passées qui sont bousculées. D'ailleurs, le mythe de l'homme qui n'a pas de problèmes et qui ne devrait pas se plaindre est l'un des derniers véritables mythes encore présents dans notre société. Les réactions provoquées et alimentées par un mythe ne peuvent qu'être insensées, c'est connu.

Que ceux qui se sentent mal le disent, le crient -le gueulent même- il en va de leur survie. ''Chu en tabarnac après les femmes!'' n'est pas moins valable pour exprimer sa douleur que ''je ressens une vive douleur psychologique provenant du bris de ma relation avec la mère de mes enfants qui n'est pas la responsable de mon malheur''. Ne préférez-vous pas la maladresse et les mots maladroitement choisis au fatal silence?

Maintenant, le véritable débat n'est pas de savoir si des masculinistes s'opposent aux féminismes et s'ils sont légitimes de le faire. Je l'ai écris plus tôt, dans notre société libre, des masculinistes ont parfaitement le droit de s'opposer au mouvement féministe.

(Petite parenthèse en passant, notre organisation s'inspire des plus belles et grandes réalisation du féminisme pour structurer des ressources pour les hommes. Merci aux féministes pour le modèle qu'elles constituent pour nous.)

Quand nous observons ceux qui s'opposent -fortement, vivement, agressivement et depuis longtemps- au féminisme, pouvons-nous nous concentrer sur la profondeur de la souffrance à partir de laquelle les hommes s'abreuvent au lieu d'évaluer si une menace plane sur les féministes? Soyons réalistes, le mouvement féministe est suffisemment structuré, organisé et financé pour se défendre contre les tittes attaques des méchants masculinistes. Concentrons-nous svp sur le plus pressant: la détresse des hommes.

De toute façon, si les méchants masculinistes se trompent sur la source des injustices les touchant (en pointant les féministes par exemple), n'y verrions-nous pas là justement la démonstation de la profondeur de leur souffrance qui en fausse même leur jugement?

Nous commençons à peine à être capables de nous exprimer quand nous avons mal (n'est-ce pas ce que nous souhaitons depuis des générations, en venir à être capable de s'exprimer?) et il faudrait déjà le faire sans se tromper, parfaitement?

Avant de débattre et de se questionner si des masculinistes s'opposent au féminisme, il faudrait peut être devenir tous et toutes capables d'entendre, d'accueillir et de combattre la souffrance des hommes. Question de priorités...

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Des hommes mal en point

''...les hommes se nourissent moins bien que les femmes et un moins grand nombre d'entre eux considèrent avoir de saines habitudes alimentaires...''

''...les hommes se soignent beaucoup moins que les femmes et posent moins fréquemment et moins volontairement que celles-ci les gestes nécessaires au maintien ou à la restauration de leur santé. En fait, trop souvent, lorsqu’ils se décident à consulter, il est très tard, et parfois même trop tard...''

''...lorsqu’ils demandent de l’aide, les hommes plus traditionnels le font d’une façon non conventionnelle, parfois agressivement parce que mal dans leur peau. Ils risquent d’être reçus de manière répressive, ou de se voir refuser l’accès aux services...''

extraits du Rapport Rondeau - Janvier 2004

 


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