Voilà
que les médias nous ramènent l'histoire
de cette mère, Louise Desnoyers, qui a noyé
son fils en 2006.
Vous
avez été plusieurs à m'écrire
pour me signifier qu'il fallait absolument que je fasse
un texte là dessus parce qu'il est inacceptable
que cette femme reçoive autant de compassion
alors qu'un homme dans la même situation serait
durement jugé par la société.
Vous
avez raison. Quand Louise Desnoyers pleure, on voit
la détresse d'une mère. Si elle avait
été un homme, nous aurions vu l'hypocrisie
de celui qui veut réduire sa peine. Quand on
imagine Louise Desnoyers en train de tenir son fils
sous l'eau, ce dernier se battant contre sa mère
pour sauver sa vie, on se dit que Louise devait être
vraiment désespérée et malade.
Quand on imagine un père faisant la même
chose, on se dit que c'est vraiment un geste d'une froideur
et d'une violence inouïe.
Heureusement,
ce que nous pensons n'est plus si tranchant que ça,
mais c'est encore malheureusement la réalité:
les hommes sont vus intialement comme violents, les
femmes initialement comme victimes.
Dans
les deux cas, c'est désavantageux, ça
empêche les femmes de sentir qu'elles ont du pouvoir
sur leur vie et les hommes de recevoir une aide compatissante.
Remarquez
également les différences de discours
lorsque les médias traitent des nouvelles similaires
impliquant un homme et une femme. Une femme pose habituellement
un geste désespéré, un homme quant
à lui, pose habituellement un geste violent.
Un
cas très révélateur sur nos perceptions
a pu être souligné voilà quelques
années. Rappelez-vous les pubs de la Société
de l'Assurance Automobile du Québec ou l'on voyait
des gens pressés quitter leur domicile et négliger
leur conduite. Dans la publicité qui impliquait
une femme, on disait ''vous pourriez BLESSER quelqu'un''
alors que dans la publicité impliquant un homme
on disait '' vous pourriez TUER quelqu'un''...
Une
enseignante a été condamnée il
y a quelques années pour avoir eu des relations
sexuelles avec un de ses étudiants dont elle
disait être amoureuse, certains ont affirmé
que c'était moins grave, que ce n'est pas pareil
quand c'est une femme avec un jeune garçon, que
c'est moins abusif, moins violent. Imaginez, les jeunes
garçons victimes d'abus amoindrissent les impacts
des abus qu'ils ont vécu tellement ils sont entraînés
par nous tous et toutes à ne pas se considérer
comme des victimes.
C'est
grave.
Descendons
aussi bas que l'impensable et posons-nous une question:
Pour
être équitable, devons-nous devenir plus
sévère envers les femmes ou moins sévère
face aux hommes?
Louise
Desnoyers est une femme violente -une écoeurante-
qui a tué son fils de sans froid et mérite
d'être sévèrement punie ou l'homme
qui tue les membres de sa famille est un pauvre homme
en détresse plutôt qu'un écoeurant?
Pour
être équitable, faut-il haïr plus
les femmes ou aimer plus les hommes?
votre
opinion sur le texte