En
fin d’avant-midi, j’ai joui. Calmez-vous.
Intellectuellement, j’veux dire. En ce jour du
9 juillet 2009, j’ai vraiment joui.
Aujourd’hui,
les choses viennent de changer. Allez lire
l’annonce faite par le ministre de la
santé monsieur Yves Bolduc. Lisez le communiqué,
lisez-le et si vous avez à cœur le sort
des hommes, relisez-le 10 fois.
C’est
écrit, à la fin du communiqué :
‘’Ces
mesures traduisent la sensibilité de notre gouvernement
aux réalités propres aux hommes et notre
désir d'agir pour leur offrir des services qui
y soient mieux ajustés. Elles représentent
les bases pour mieux développer une vision intégrée
de la santé et du bien-être des hommes.’’
Wow.
Mais
qu’est-ce que cette annonce au juste0? 650 000
dollars de plus à certains organismes ou initiatives
pour adapter les services offerts aux hommes et 100
000 dollars destinés à évaluer
un service d’hébergement préventif
pour les pères en difficulté.
Re-wow.
OK,
si je me calme et redevient objectif, je me dis que
les sommes annoncées sont dérisoires.
Un fond de portefeuille, du p’tit change amassé
à force de grosses dépenses laissant des
restants. Des miettes, la pointe de ce qui sera nécessaire
pour répondre aux véritables et nombreux
besoins des hommes.
Mais
tout changement de société qui se respecte
et qui souhaite durer doit débuter par un premier
pas plutôt humble. Un pas certain, convaincu,
court mais dans la bonne direction. Et cibler l’hébergement
pour les pères et l’adaptation des services
s’avèrent des choix judicieux.
S’tie
que ça été long.
Après
des années, après des décennies
de travail, de revendications, de rencontres, de déchirement,
de rapports, de confrontations, de joies et de peines,
voilà que les besoins des hommes viennent d’être
reconnus comme étant assez importants pour s’y
attarder vraiment en y réservant un peu de p’tit
change gouvernemental.
Je
frencherais Jean Charest, là maintenant. Soyez
toutefois rassurés, je reprendrai mes esprits
avant de poser un geste que je pourrais regretter.
Avant
de frencher Yves Bolduc, permettez-moi d’enlacer
tendrement Gilles Rondeau. Je me souviens de lui avoir
parlé au téléphone tout juste après
la sortie du fameux rapport que la population reconnaît
à son nom, c’était en janvier 2004.
Le ti-cul que je suis qui parlait alors au célèbre
et crédible Gilles Rondeau. Ce dernier était
motivé, convaincu mais était-il conscient
que son rapport prendrait plus de 5 ans avant de déclencher
de véritables actions? C’est seulement
5 années après la publication du rapport
Rondeau que la pointe du iceberg des résultats
se fait visible.
Gilles
Rondeau savait-il qu’il faudrait autant d’efforts
et de patience? Probablement pas, sinon, il aurait laissé
tomber.
Rappelons-nous,
pour toujours : le Rapport Rondeau.
À
partir d’aujourd’hui, en parlant de condition
masculine, il faudra dire qu’il y a eu la période
‘’avant le rapport et après le rapport
Rondeau’’. Avant le fameux rapport, l’anonymat
et l’inconscience, après le rapport, la
lumière et l’espoir.
Merci
infiniment Gilles Rondeau. Merci au nom de tout ces
hommes qui vivront, qui survivront grâce à
toi et à ceux qui t’ont appuyé dans
ton travail pour démontrer ce qui est pourtant
l’évidence mais qu’il aura fallu
répéter autant fois que l’inconscience,
l’insouciance et l’incompétence l’auront
voulu.
Merci
d’avoir démontré et défendu,
5 fois, 100 fois, 1000 fois, les besoins de ces hommes
qui souffrent. Merci Gilles d’avoir choisi les
hommes. Tu aurais pu vouloir sauver les baleines ou
les écureuils roux mais non, ce sont les hommes
qui bénéficieront de tes efforts.
Mon
père, nos frères, nos fils et nos cousins
te disent… merci.
S’tie
que la vie est belle quand on se fait dire qu’on
est important. Je suis assez important pour que mon
ministre me dise qu’il va travailler pour mieux
me comprendre et mieux m’aider. Je ne suis pas
naïf, objectivement, tout ce qui vient d’arriver,
c’est qu’on vient de me donner mon p’tit
numéro en papier pour que j’me mette en
ligne derrière d’autres causes qui ont
autant envie que moi d’être priorisées.
Mais
avant aujourd’hui, l’homme que je suis était
dans la rue, laissé pour compte, ignoré
et méprisé lorsque j’osais dire
que je souffrais. On riais même de ceux qui soufraient
parce qu’ils n’avaient jamais su comment
souffrir. On a longtemps méprisé la souffrance
masculine.
Voilà
pourquoi je suis si enthousiasme, aujourd’hui,
c’est la fin du mépris.
Et
la plus belle chose dont il faut absolument être
conscient : l’annonce d’aujourd’hui
et tout ce qui suivra est le résultat du travail
empathique et compétent d’hommes qui veulent
aider leurs semblables. Les hommes démontrent
enfin qu’ils sont capables de faire autre chose
que de construire des chars, ils sont maintenant capables
de se construire de l’aide.
La
belle Colette Provencher pourra annoncer d'la flotte
jusqu'au mois de septembre, il s’agira tout de
même du plus bel été de ma vie.
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