Les textes Papa pour la vie
auteur: Michel Thibeault, intervenant
communautaire
Ma place dans
la féminité de ma fille
Ma
fille approche de l’adolescence. Son corps se transforme
rapidement et elle ressemble de plus en plus à une femme.
Elle ressent maintenant le besoin de définir le genre
d’image d’elle-même qu’elle souhaite
véhiculer en tant que femme. Elle commence également
à percevoir que les garçons, et les hommes en
général, peuvent la regarder avec désir.
Elle expérimente les balbutiements de la séduction.
Plus
que jamais, elle a besoin que je lui dise qu’elle est
belle et que je définisse quelles genres de féminités
m’attirent pour lui donner des références.
Il est vital que je lui dise jusqu'à quel point je la
trouve belle lorsqu’elle respecte son corps et son intimité.
Et
surtout, SURTOUT, prêcher par l’exemple en étant
cohérent. Est-ce que les modèles de femmes que
je trouve attirantes correspondent uniquement aux stéréotypes
hyper sexualisés véhiculés par la télévision
et Internet? Si c’est le cas, comment je serai crédible
en lui disant qu’en s’habillant de façon
provocante, je ne la trouve pas belle?
Plus
que jamais, ma fille a besoin que je continue à la prendre
dans mes bras comme avant, même pendant qu’elle
devient une femme. Il est absolument essentiel pour la construction
de son estime d’elle-même qu’elle sache que
son père pourra toujours la serrer contre lui, naïvement,
comme un père aimant. Toutefois, il est normal pour un
père d’avoir un réflexe de recul lorsqu’il
se rend compte que sa fille devient une femme, de peur de la
bousculer, de peur qu’un toucher soit mal interprété.
Il importe de ne pas laisser ce recul s’installer en permanence
pour ne pas qu’il soit interprété comme
un rejet. La quasi-totalité des pères gardent
toute leur vie leurs yeux de pères avec leur fille, pour
les quelques exceptions, il faut demander de l’aide.
L’important
pour moi est de demeurer disponible -ne rien forcer et respecter
le rythme de ma fille- en laissant cette pré-adolescente
venir vers moi lorsqu’elle en a besoin. Mes bras seront
toujours ouverts pour l’accueillir, pour elle mais aussi
pour moi, car aucun sentiment n’est meilleur que celui
que je ressens en prenant ma fille dans mes bras.