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Les textes Papa pour la vie

auteur: Michel Thibeault, intervenant communautaire

Go papa, go!

La presque totalité des pères en viennent à ressentir un jour ou l’autre des émotions négatives en exerçant leur paternité, ce qui est parfaitement normal et humain.

Après la naissance de ma fille, j’ai ressenti une grande perte de contrôle de ma vie : mon horaire était bousculé, je délaissais la plupart de mes loisirs et ma vie de couple n’existait presque plus. J’avais l’impression de constamment manquer de temps et d’être à bout de forces. L’arrivée de ma fille dans ma vie était un événement merveilleux, enrichissant et satisfaisant mais aussi exigeant, inquiétant et épuisant.

Merci à ceux et celles qui m’ont entendu dire tout ça sans me juger.

Je me sentais beaucoup moins compétent que ma conjointe. Dès les premières minutes de vie de ma fille, j’ai pu constater combien ma conjointe était à l’aise pour donner les soins de base à notre enfant et jusqu’à quel point je me sentais maladroit. Je me sentais maladroit parce que je n’avais que très rarement donné des soins à un bébé. En contrepartie, ma conjointe avais souvent gardé des enfants et été en contact avec des petits poupons. Heureusement, ma conjointe m’a toujours confirmé que je posais les bons gestes et que ma fille était entre de bonnes mains quand elle était auprès de son père. Mes gestes n’étaient pas les plus habiles ni les plus rapides mais ma fille en ressortait toujours en sécurité, bien soignée, bien traitée. Je ne l’aurais jamais su si mon entourage ne me l’avait pas confirmé. J’étais un père normal!

J’ai rapidement compris que malgré certains sentiments négatifs, j’étais un bon père. Même fatigué, même lors que j’étais pressé par le temps, les moments passés avec ma fille s’avéraient un investissement dans son développement, son sentiment de sécurité et son épanouissement. Être le meilleur et ne jamais me tromper ne pouvaient pas rimer avec paternité.

Grâce aux bons mots des membres de ma famille, aux conseils de ma conjointe et grâce à sa merveilleuse capacité à me laisser être père à ma manière sans être ni plus ni moins parfait qu’elle ne l’était, j’ai pu ressentir toute la satisfaction d’être parent. J’espère que vous avez quelqu’un près de vous qui vous confirme ce que vous faites de mieux et qui comprend que vous n’êtes pas parfait.

Quand nous côtoyons un père, de grâce, laissons de côté les farces plates stéréotypées et prenons plutôt la peine d’être délicats, porteurs de bon mots et à l’écoute de ses émotions.

Les pères méritent tout ça.


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